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Sécheresse [2/2] : quelles réponses possibles?

Dès le mois d’août, nous invitions les éleveurs de la région à réaliser un bilan fourrager, pour mieux anticiper (voir lien ci-dessus).  Comme le montre la carte officielle ci-contre, en septembre, la Bourgogne Franche-Comté faisait partie des régions les plus touchées par la sécheresse (prairies). Et depuis, la pluie se fait toujours attendre… et toutes les productions sont touchées!

Enquête auprès des agriculteurs du Doubs : quelles pistes ?

En réponse à cette sécheresse, les agriculteurs du Doubs et Territoire de Belfort ont été questionnés sur les difficultés rencontrées, et les pistes envisagées pour s’adapter aux conséquences :

  • Difficultés de trésorerie : réagir rapidement

A cours terme, il est possible de s’adresser à son conseiller bancaire, pour adapter le prêt s’il est modulable, ou re-négocier les échéances pour s’adapter à votre situation. Il est également possible de s’adresser à la MSA pour faire la demande d’un report ou d’un étalement des paiements.  Vous pouvez aussi questionner votre comptable sur la possibilité de contracter un prêt de trésorerie, qui  peut être supporté en partie par une réduction d’impôts et vous évitera des frais liés au découvert ou des pénalités du à des retards excessifs chez vos fournisseurs.

  • Mutualiser l’achat de fourrage pour les éleveurs

Les disponibilités en fourrage étant très limitées dans la région, il est possible de mutualiser le transport de fourrage acheté dans d’autres régions pour réduire les coûts. C’est l’exemple de la Chambre d’agriculture 25-90 et du GAB qui feront ainsi venir 250t de fourrage bio et 300 t de paille (conventionnelle), avec Négo Paille 25, le regroupement de sept transporteurs locaux.  Dans ce cas précis, les prix (livraison comprise) devraient varier entre 180 et 270 €/t pour les fourrages bio et 125 €/ t pour la paille (conventionnelle).

  • Manque de fourrage : des dérogations possibles AVANT achat

En justifiant de la non-disponibilité de fourrages AB dans la région, vous avez aussi la possibilité de demander des dérogations pour distribuer des fourrages non bio, comme pour la « paille alimentaire » par exemple.
La demande de dérogation doit impérativement être réalisée avant achat ! Complétez et envoyez le formulaire (cliquez pour ouvrir le formulaire ) à votre Organisme Certificateur, qui le fera suivre à l’INAO
(A noter qu’il est possible de le scanner et d’envoyer une version numérique par e-mail pour gagner en rapidité.)

Réfléchir dès maintenant aux solutions de demain, pour être plus résilient

Aujourd’hui sécheresse, et l’année prochaine peut-être un autre aléas…  Il faudra dorénavant faire avec ces événements climatiques fréquents, et les agriculteurs de l’enquête l’ont bien compris. Voici les solutions qui sont envisagées à plus long terme  :

– favoriser les installations de récupération, stockage et traitement de l’eau. Il est important, notamment en maraichage, de prendre en compte la capacité de valorisation de l’eau de type d’arrosage,  pour optimiser et être économe (goutte à goutte par exemple)
– travailler sur des variétés plus résistantes … à la sécheresse bien sûr, mais aussi aux autres évènements climatiques qui pourraient survenir. Pour cela, il est important de privilégier la diversité des variétés et des espèces, pour, comme le dit le vieil adage, « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ».
– travailler sur des systèmes d’élevage et de cultures plus résilients. Aller vers des systèmes plus extensifs, avec moins de production à l’hectare, et constituer des stocks plus abondants apparaissent comme une solution. Mais se pose alors la question du surcoût qui est engendré …

Si beaucoup de ces commentaires s’appliquent également à l’agriculture conventionnelle, leur importance est accrue en Agriculture biologique pour laquelle les contraintes techniques font que la production s’avère mettre plus de temps pour redémarrer…

 

Avant que vous achetiez des fourrages, voici quelques chiffres pour relativiser l’effort de vos achats :

On peut considérer qu’un bon foin permet de produire 1,3 à 1,4 litres de lait.
-Par exemple : 1.3 litres à 0,470 € = 61 centimes de produit lait
– Si le foin est acheté 270 €/T cela fait 27 centimes par kg de foin
-> Au final, il reste quand même 61-27 = 34 centimes par litre produit avec ce fourrage acheté.

Heureusement , seule une part de la production sera assurée grâce à ce fourrage coûteux, votre propre fourrage vous coûtant 2 fois moins cher en général !
Donc même si cela représente une dépense importante et exceptionnelle cette année , il néanmoins utile d’acheter du fourrage pour:
– préserver le capital santé de vos animaux, leur état, leur reproduction …
– les aider à bien valoriser leur ration ( la luzerne peut compenser le manque de regain, elle aide aussi à faire ruminer et abaisser l’acidité de la panse en apportant
des matières azotées et du calcium )
– ne pas trop faire chuter la production par vache , pour maintenir la lactation sur la durée jusqu’au tarissement.
– ne pas trop faire chuter la vente de lait , pour assurer des rentrées d’argent.
même avec moins de marge il faut produire pour assumer les charges fixes de la ferme.

Christian FAIVRE, Chambre d’agriculture du Doubs et Territoire de Belfort

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